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Je hais la routine. J'en ai besoin. C'est contradictoire ? Eh bien, non.
Je hais cette routine qui nous enfonce dans nos habitudes, qui nous empêche de réfléchir. A force de travailler par habitude, je me demande ce qui nous retient de tomber dans la débilité. Malgré tout, c'est tellement confortable de se dire que l'on peut tomber dans les habitudes, et juste se satisfaire de ce que nous avons au jour le jour, de notre matériel de consommation, plutôt que de chercher l'originalité dans tout ça ... Dire que tous ces gadgets qui nous envahissent et nous empêchent de nous retrouver face à nous même ont un jour été créé pour notre bonheur ! Après tout, notre bonheur découle peut-être du fait de s'ignorer soi-même ...
Et la liberté, alors ? Pourquoi avoir besoin de rechercher la liberté, si nous nous complaisons tellement dans notre routine ? Après tout, la routine a cela de bien qu'elle nous apporte toute la chaleur dont nous avons besoin, et un soutien certain ! Y-as-t'il quelque chose de plus désagréable que d'être surpris par un évènement non familier qui perturbe nos habitudes ? Je ne sais pas ... La routine se transforme tellement facilement en drogue, en une chose indispensable ! Et lorsque nous nous trouvons face à un évènement inhabituel, nous nous trouvons alors tellement tiraillés, tellement coupables ! Car nous savons bien que nous sommes tombés dans la routine, et qu'il sera difficile d'en sortir ...
Et tout de même, je me sens tirée par la Liberté. Parce que je me sens tellement contrainte ... Avec des fois tellement des envies de me détacher totalement du matériel, parce qu'il nous étouffe, nous sommes totalement bloqués par tout ce qui fait nos "instruments du quotidien", ces instruments de routine et de contrainte. Je revois une personne me parler du film "Into the wild", avec des yeux passionnés, l'histoire de cet homme qi voyage à travers les Etats-Unis, et qui trouve la liberté ... C'est tellement cette liberté que je recherche, et que je crains de ne jamais trouver. Cette liberté, lorsqu'on la touche, on ne peut pas la saisir, mais ne serait-ce que lorsqu'on l'éfleure, on se sent tellement bien ! C'est le seul moment où le présent s'arrête, ou le monde s'immobilise ... Ces moments non-quotidiens, non prévus, totalement hors du temps, et qui nous font ressentir le bonheur du présent comme nous ne l'avions jamais ressenti, pourquoi les aimons-nous tant ? Certainement parce qu'ils ont ce parfum de liberté qui nous font sentir que pour une fois nous avons notre vie entre nos mains, et que personne ne pourra jamais en décider autrement. Ce moment, pour moi, cela aura un peu été la semaine à Courseulles, cet été. Tellement libres de faire ce qu'on voulait, on ne voyait même plus les contraintes, je me voyais tellement comme seule au monde à pouvoir décider de mon bonheur, à pouvoir profiter de tous ces instants magiques, à avoir l'impression de voler sur l'eau ... Je crois qu'on ne vit que pour ces moments là, ces moments aussi intenses et passionnés ...
En guise de conclusion : Ce n'est pas Philippe que j'aime ...